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Esclavage en Lybie : ces indignations hystériques empreintes d’hypocrisie !

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Esclavage en Lybie : ces indignations hystériques empreintes d’hypocrisie !

Payer 2,5 millions FCFA aux passeurs pour soit mourir dans le désert, ou dans l’océan, ou pire, être vendus comme exclave en Lybie à 200.000 FCFA est plus qu’un drame !
Le coefficient d’évaporation ( 800 mille CFA ) d’un tel investissement est très élevé n’est-ce pas?
Pour être plus sérieux, on pourrait dire que l’investissement est non seulement peut rentable mais on y perd plus que les rêves de réalisation de soi, bien plus que la liberté, bien plus que tout ça, on y perd son humanité tout court !
Comme le souligne si bien le philosophe Louis Sala-Molins, professeur de philosophie politique à l’université de Toulouse-Le Mirail, « Dans sa forme classique, l’esclavage repose sur cinq faits majeurs : la bestialisation de l’être humain, l’évacuation des victimes hors de tout cadre juridique, l’achat et la vente, les réseaux spécifiques et la systématicité. On retrouve toutes ces caractéristiques dans bien des situations actuelles. »


La pauvreté a surtout bon dos

Une idée bien établie de bien-pensants veut soutenir mordicus que seule la pauvreté, le mal être est à l’origine de l’explosion de l’immigration clandestine des africains. L’Afrique ne ferait plus rêver sa jeunesse et la mauvaise gouvernance légendaire des dirigeants poussent ses bras valides à aller en masse s’abîmer dans la méditerranée. Séduisante explication, implacable “vérité” qui fait loi.
Entre nous, être capable de thésauriser 2,5 millions CFA dans des pays pauvres où le PIB par habitant est à peine 1500 dollars soit 700 000 mille CFA, et se considérer comme pauvre au point de risquer sa vie dans le périple du désert nigérien, tchadien, affronter le goulag lybien et la mer appelle à d’autres réflexions.
Pourtant le profil des jeunes migrants surtout ivoiriens révèle des jeunes artisans, des jeunes commerçants qui dans la réalité sont des acteurs économiques dynamiques.
Ils sont au “Black market” d’Adjamé, à la “Casse” d’Abobo, à Treichville, à Yopougon, ils sont dans les plusieurs secteurs informels. Inutile se préciser que le secteur de l’artisanat participe à hauteur de 12% dans le Produit intérieur brut (PIB) de la Côte d’Ivoire et emploie 40% de la population active… 
Dans cette logique, tous les producteurs de cacao, d’anacarde seraient déjà entre le Tchad et la Lybie pour s’offrir une nouvelle vie.
Il faut bien se l’avouer, l’incapacité à se projeter dans le futur, à développer son activité professionnel , le manque d’esprit d’entrepreneuriat, le manque de ressort pour comprendre son environnement économique et moderniser et ou développer son activité expliquent pour la plupart le grand désir de risquer sa vie pour atteindre l’Europe.
Sinon, pourquoi les tchadiens qui offrent leur territoire aux migrants ne sont pas les plus nombreux dans le lot de migrants? Le Niger est plus riche que la Côte d’Ivoire ? Les djihadistes n’y trouvent-ils pas un terreau fertile à leurs activités funestes ? Que dire du Libéria ? De la Guinée Conakry ? Du Soudan divisé dont chacune des parties est en proies à des guerres fratricides meurtrières ?
Mais puisque la pauvreté a bon dos et dispense d’analyses profondes, puisque les coupables sont déjà désignés, pourquoi donc mettre en cause des thèses admises et largement partagées ? Au risque de passer pour un casse-pieds, un partisan du déni de la pauvreté galopante en Afrique ?

Avalanche d’indignations hypocrites contre l’esclavage et le racisme

Au vu de l’hystérie collectives bien tardives des indignations hypocrites hurlées avec vigueur médiatique envahissante, tendant à accuser les autorités de la Lybie, on se pose la question de savoir de quelle autorité Lybienne parle-t-on ?
Qui ne sait pas que six ans après la chute de Kadhafi, le pays est toujours en proie à la guerre civile et que plusieurs factions rivales, trois gouvernements, se disputent le pouvoir sans réel contrôle du territoire ? Qui ne sait pas que plusieurs groupes rebelles autonomes vivant de trafic d’armes de drogues et de migrants font la loi, leurs lois, dans les portions de territoires qu’ils contrôlent ? Qui ignore encore que des groupes djihadistes font vivre le calvaire aux migrants de tout ordre ?
On est volubile et féroce contre ce racisme des “arabes”, on cite également l’Égypte, la Tunisie et le traitement inhumain que subissent les filles et femmes de ménages originaires d’Afrique dans les pays du golf.
A-t-on oublié les violences subies par les ressortissants des pays subsahariens en Afrique du Sud ? Ou même des pogromes réguliers dont sont victimes des africains dans plusieurs pays du continents notamment en Guinée Équatoriale ?
A l’intérieur même de plusieurs pays africains, n’assiste-t-on pas à des conflits meurtriers entres groupes ethniques partageant pourtant la même nationalité et traitant les uns les autres d’étrangers ?
Racisme, xénophobie, réflexe de tribus assiégés, peur de l’autre, il est clair que la relation de l’Africain au respect de la vie de l’autre, l’étrange, l’étranger est un vrai problème malgré un quart de siècle de cohabitation après la colonisation.
Alors cette avalanche d’indignations hypocrites des africains contre la xénophobie, l’esclavage et le racisme est bien plus qu’un catharsis pour se donner bonne conscience..
Circuler y a rien à voir, on a tous des dispositions haineuses, ethnicistes et racistes qui sommeillent en nous.

Bakary Cisse

Lementor.net

 

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