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Côte d’Ivoire : l’alliance politique Henri Konan Bédié/Alassane Ouattara, schème historique de l’houphouëtisme.

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Côte d’Ivoire : l’alliance politique Henri Konan Bédié/Alassane Ouattara, schème historique de l’houphouëtisme.

L’alliance politique Henri Konan Bédié/Alassane Ouattara est le schème historique de l’houphouëtisme en Côte d’Ivoire. Elle incarne temporellement l’alliance normative de la culture et de la rationalité. L’on pourrait considérer que le RHDP en fut la formalisation institutionnelle à un moment où la crise de la nation provoquée par le divorce de l’ethnicité et de la rationalité économique moderne imposait l’urgence de reconstruire l’alliance de ces deux polarités pour éviter le naufrage de la Côte d’Ivoire. Comme je l’ai souvent souligné ces jours-ci pour faire ressortir le chiffre secret de l’houphouétisme, la philosophie politique du Père de la nation fut structurée par l’alliance des cultures et de la rationalité moderne. Elle fut modulée par les deux philosophèmes de l’Un et du Multiple qui permirent de rassembler dans la forme démocratique de la Nation, la diversité des cultures et l’unité de gestion et d’administration de la Cité. A la différence des nationalismes identitaires et des nationalismes révolutionnaires qui se perdirent dans les stériles déclamations de l’autochtonie et dans les catastrophiques imprécations révolutionnaires, le nationalisme ivoirien fut un nationalisme libéral et modernisateur. La productivité de ce national-libéralisme s’est, du vivant de Félix Houphouët-Boigny lui-même, incarnée dans les figures politiques symboliques de Henri Konan Bédié et de Alassane Ouattara, tous deux économistes. Chargés de porter temporellement cette alliance en vue d’assurer la pérennité du projet sociétal de l’houphouëtisme, ces serviteurs de la République remplissent leur office à des époques déterminées de l’histoire de la Côte d’ivoire. A mille lieux d’un culte de la personnalité flagorneur, désuet et toujours dérisoire, il s’agit de rendre raison du cheminement temporel d’un programme politique et d’un projet de société à travers la magistrature des deux figures symboliques de l’houphouëtisme. Au ministère de l’économie et des finances, Henri Konan Bédié, avait durant les années 1966 à 1977 piloté le développement de l’entreprenariat ivoirien qui fit entrer la Côte d’Ivoire dans l’économie de marché à l’époque du capitalisme industriel. Alassane Ouattara, le technocrate de haut vol, reprend dans les années 1990 le relais de ce cheminement, lorsque la dynamique de la modernisation s’essouffla et qu’il fallut restructurer l’économie ivoirienne pour l’adapter aux exigences de la nouvelle rationalité de l’économie mondialisée. La fin du parti-Etat et du contrôle politique de l’économie, l’entrée dans une nouvelle ère politique et économique exigeaient un remodelage de l’alliance des cultures et de la modernité pour faire face aux défis économiques et politiques des temps nouveaux. Le dispositif de succession politique, qui provoqua, à ce moment-là, un malentendu malheureux entre ces deux symboles de l’houphouëtisme, fut un accident de l’histoire. Cette scission qui n’aurait pas dû être, se traduisit sur le terrain par la rupture de la Nation dont procédèrent la guerre civile, et ses conséquences politiques, sociales et économiques catastrophiques. Ces conséquences mortifères exprimèrent le triomphe des forces de désunion et d’exclusion sur les forces d’union et d’inclusion en Côte d’Ivoire. La dictature national-populiste sanglante qui naquit de cette désunion de l’ethnicité et de la rationalité, attaqua la liberté et l’égalité, s’acharna à détruire les liens d’humanité et de fraternité entre les Ivoiriens d’origines diverses. Cette dictature a brisé les rapports dialectiques entre l’unité et la pluralité, l’universel et le particulier qui définissent la démocratie. Elle fut le symbole historique de la blessure infligée au cœur de l’houphouëtisme. Dans la brèche ouverte entre les deux piliers de soutènement de l’édifice architectural du père de la nation, s’était engouffrée une force de destruction qu’animait une logique de désintégration. La vision sociétale de cette force de destruction de la Cité démocratique était celle de l’homogénéité révolutionnaire de classe qu’avait rejetée Félix Houphouët-Boigny en 1950. Taillée selon le modèle du socialisme communautaire, cette vision portait en germe l’abrogation de l’hétérogénéité, le refus de la différence et de l’altérité. Elle était tout simplement anti-démocratique et anti-houphouëtiste. Les dix années de sa domination se traduisirent conséquemment par la régression et la désintégration politique, sociale et économique. Loin d’être une alliance opportuniste et contingente à visée électoraliste, l’alliance du PDCI et du RDR doit, en référence à ce passé catastrophique si proche, être conçue selon sa signification substantielle. L’alliance Henri Konan Bédié-Alassane Ouattara, dans le dispositif institutionnel du RHDP inaugurée en 2010, réactive l’alliance originaire normative et vitale entre les cultures et la rationalité économique, qui protège le corps sociopolitique ivoirien contre cette rupture mortelle. L’intelligence politique commande d’en assurer la pérennité. La coalition du PDCI et du RDR dans le RHDP doit être raffermie comme assurance-vie de l’houphouétisme. Structurée formellement par l’alliance houphouëtiste normative des identités et de la modernité économique, la coalition-unification du PDCI et du RDR est, en Côte d’Ivoire, la garantie politique de la stabilité, du progrès et de l’inclusion contre l’instabilité, la régression et l’exclusion.


Dr Alexis Dieth Professeur de Philosophie

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