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Échec du dialogue politique au Togo : vers le chaos ?

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Échec du dialogue politique au Togo : vers le chaos ?

Au Togo, lasse de ne pas voir les lignes bouger dans le dialogue engagé sous la facilitation du médiateur ghanéen, l’opposition avait promis de renouer avec la rue pour mettre la pression sur le pouvoir de Faure Gnassingbé. Hier, 11 avril 2018, elle n’a pas pu mettre sa menace à exécution, le pouvoir ayant mis en place un impressionnant dispositif sécuritaire très tôt le matin, pour empêcher tout regroupement, arguant du fait que « le gouvernement ne peut se rendre complice de la violation des recommandations du facilitateur en laissant les manifestations se faire ». Un argument qui ne vole pas haut, mais qui lui a servi de prétexte pour étouffer une manifestation qui avait, dans tous les cas, des chances d’être réprimée.


On ne voit pas d’où pourrait venir la solution

Mais cela, il fallait s’y attendre, car, jusqu’au dernier moment, le gouvernement a maintenu la mesure d’interdiction desdites manifestations dont la reprise aurait mis fin à la trêve  observée par l’opposition depuis l’ouverture des négociations, le 19 février dernier. Et les échanges épistolaires avec les croquants qui n’entendaient pas renoncer à leurs marches, n’ont visiblement rien changé à la donne. Résultat : Jean-Pierre Fabre et ses camarades n’ont pu tenir leur marche à Lomé, la capitale, mais à l’intérieur du pays, l’on signale des échauffourées, notamment à Kpalimé où s’est engagée une course-poursuite entre manifestants et forces de l’ordre.   Et l’on se demande ce qu’il en sera de celles d’aujourd’hui, 12 avril, et du 14 avril prochain, qui étaient aussi dans le programme. C’est dire si le mercure social est encore monté au Togo de plusieurs crans. Et il y a lieu de craindre une montée de la tension dans les jours à venir.  En tout cas, la question que l’on pourrait se poser, est la suivante : la reprise de ces manifestations marque-t-elle la fin du dialogue politique ? Au regard de la radicalisation des protagonistes qui campent chacun sur sa position, on peut répondre par l’affirmative. Dans ce cas, ne va-t-on pas vers le chaos si le débat doit se déporter dans la rue ? Malheureusement, c’est le risque que court le Togo, si les uns et les autres ne révisent pas leur position en mettant un peu d’eau dans leur vin. Car, à l’allure où vont les choses, il y a lieu de craindre que le médiateur lui-même n’en vienne à jeter l’éponge avant d’avoir pu entrer dans le fond du débat. Et à y regarder de près, l’on ne voit pas d’où pourrait venir la solution. Car, entre une opposition arc-boutée sur ses revendications, notamment le retour à la Constitution de 1992 pour barrer la route d’un quatrième mandat au président Faure Gnassingbé, et un pouvoir qui n’entend pas voir son porte-flambeau mis sur la touche par une quelconque modification constitutionnelle, la marge de manœuvre du médiateur, aussi habile soit-il, semble bien mince pour trouver un modus vivendi entre les protagonistes. Du reste, dès le départ, ils étaient peu nombreux, les observateurs de la scène politique togolaise, à croire en ce dialogue. En tout cas, tout le monde savait qu’il n’était qu’un formalisme qui n’aboutirait à rien, tant que les deux parties camperaient chacune sur sa position. Au mieux, il permettrait au pouvoir de desserrer l’étreinte de l’opposition qui l’avait pris à la gorge par l’amplitude de ses manifestations, et à l’opposition de montrer sa bonne foi en se montrant ouverte à des discussions. Au pire, ce serait l’impasse. Et tout porte à croire que l’on y est.

Qu’en sera-t-il de la suite ?

La question que l’on pourrait alors se poser est  celle de l’avenir du Togo. D’autant plus que l’opposition, qui semble avoir fait du départ de Faure Gnassingbé une condition non négociable, ne semble plus prête à faire des concessions. « Depuis 1991, nous avons cédé tout ce qu’il était possible de céder. Nous ne cèderons plus sur rien», a soutenu son chef de file. Et  tout porte à croire que ce n’est pas un médiateur, qui qu’il soit, qui pourrait la faire changer d’avis. Malheureusement, le pouvoir semble dans les mêmes dispositions d’esprit. D’où l’impasse dans laquelle l’on se trouve aujourd’hui. Alors, que faire ? Il appartient à la classe politique togolaise de montrer suffisamment de patriotisme pour trouver une issue à cette crise. A commencer par le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, qui est au cœur de la déchirure de son peuple. Car, il serait illusoire de croire que la solution viendra d’ailleurs. La solution ne peut venir que des Togolais eux-mêmes ; de leur volonté profonde d’arrimer leur pays à la démocratie en tournant cette page de leur histoire pour en ouvrir une nouvelle. Et comme « Faure Gnassingbé est Togolais comme nous tous », pour reprendre les propos d’un proche du chef de l’Etat, il est aussi concerné par le problème. Peut-être même à un degré supérieur par rapport à ses compatriotes. Car, c’est à cause de sa seule personne que le Togo vit aujourd’hui ces moments de troubles et de tensions. Il  lui appartient donc, en tant que président de la République, de montrer qu’il peut, lui aussi, avoir ce supplément d’âme qui caractérise les hommes d’Etat, en prenant une décision courageuse qui évite à  son peuple, les tourments et les angoisses de lendemains incertains.

En tout état de cause, en bandant les muscles et en prenant les devants, le pouvoir togolais a réussi à étouffer la manifestation de ce 11 avril, de l’opposition. Mais qu’en sera-t-il de la suite ? On attend de voir.

« Le Pays »

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