Les 1ères Dames Contre La Traite Transfrontalière Des Enfants

Les 1ères Dames du Burkina et de la Côte d’Ivoire, Chantal Compaoré et Dominique Ouattara ont signé le jeudi 17 octobre 2013 à Abidjan, une déclaration conjointe contre la traite transfrontalière des enfants. Et cela après la signature d’un protocole d’accord de coopération des ministres en charge de l’Action sociale des deux pays sur la question.

La seule évocation des noms de leur fondation respective est révélatrice de leur engagement pour une cause commune, la protection, la promotion des droits et le bien-être des enfants. « Suka » qui signifie en langue locale fulfulde « enfant » et Children of Africa entendez « enfants d’Afrique » en anglais, font des premières Dames Chantal Compaore du Burkina et de Dominique Ouattara de la Côte d’Ivoire, de véritables ambassadrices de la cause des enfants et des femmes des deux pays, voire de l’Afrique. Un engagement et une détermination concrétisés ce jeudi 17 octobre 2013 à Abidjan par une signature de déclaration conjointe des 1ères Dames contre la traite transfrontalière des enfants en présence de nombreux acteurs dont les deux ministres en charge de l’Action sociale des deux pays. Dorénavant les frontières entre le Burkina et la Côte d’Ivoire ne seront plus des passoires pour la traite des enfants. Un instrument juridique bilatéral protège désormais les enfants des deux pays face à ce phénomène qui se manifeste par l’enlèvement, la vente à des fins d’exploitation.
La volonté politique d’éradiquer ce phénomène avait déjà été affichée par les deux pays, on se rappelle que la lutte contre la traite transfrontalière des enfants figure en bonne place au nombre des 19 accords sectoriels signés par les chefs d’Etat burkinabè et ivoirien lors de la 3è conférence au sommet du Traité d’amitié et de coopération Côte d’Ivoire-Burkina Faso le 30 juillet dernier à Yamoussoukro. Dans la même dynamique, la première Dame de Côte d’Ivoire s’est rendue l’année dernière au Burkina Faso pour asseoir une stratégie de lutte commune entre les deux pays. En concrétisant les vœux de leurs deux pays et de leurs époux, Chantal Compaoré et Dominique Ouattara entendent conjuguer leurs efforts et mettre ensemble leurs expériences au service de la protection des enfants. Quand on sait que beaucoup d’enfants interceptés aux postes frontières de la Côte d’Ivoire sont d’origine burkinabè, on peut comprendre l’engagement des deux premières Dames à vouloir créer une synergie d’actions et une mutualisation des efforts et des ressources pour faire face à ce problème qui mine l’existence, le bien-être et le développement des enfants. Un nouveau pas de franchi dans le processus d’éradication de ce phénomène social.
Considérés à la fois comme pays d’origine, de transit et d’accueil, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire veulent s’attaquer au problème aussi bien à l’intérieur qu’à leurs frontières communes. Une ferme volonté et une détermination affirmées et confortées par des statistiques alarmantes : de 2010 à 2012, le nombre d’enfants burkinabè victimes de traite à destination de la Côte d’Ivoire est passé de 588 à 1895. De son côté une enquête réalisée en 2011 révélait que 39% des enfants de 5 à 11 ans travaillaient sur le territoire national dans la cacao-culture en Côte d’Ivoire.
Ce qui a fait dire à Mme Dominique Ouattara que « la place des enfants est sur le banc des écoles et qu’ils ne doivent plus être astreints à l’exploitation… ». Pour Chantal Compaoré, « en tant que mères et premières Dames sensibles à la situation de nos populations, notamment celle des enfants », la synergie d’action entre les deux pays sera plus féconde et fera tache d’huile dans la sous-région. C’est pourquoi l’épouse du chef de l’Etat burkinabé lance un appel à toutes les premières Dames pour faire front contre la traite, les pires formes de travail et l’exploitation des enfants. A la suite des ministres de l’Action sociale et de la solidarité, Anne Desiree Ouloto de la Côte d’Ivoire et Alain Zoubga du Burkina Faso, qui ont signé l’accord de coopération, les premières Dames ont quant à elles apposé leur signature sur une déclaration conjointe, une déclaration qui les engage entre autres, à la solidarité et à une ferme volonté de soutenir leurs pays, au renforcement des actions de sensibilisation en vue d’une prise de conscience nationale et à conduire des plaidoyers auprès des pairs pour que les jalons posés par leurs deux pays puissent impacter la lutte contre la traite transfrontaliere des enfants. Des enfants qui n’avaient qu’un seul message à cette tribune « il faut arrêter la traite », ont-ils chanté en chœur. Nul doute qu’avec comme chefs d’orchestre Maman Chantal et Maman Dominique, les échos de cette note seront portés à l’intérieur et au-delà des frontières communes pour que cesse à jamais ce trafic honteux d’un certain âge, afin que les enfants puissent prendre part à l’émergence de la République de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso.

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