Quelle alternance en Côte d’Ivoire ?

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L’alternance du pouvoir est une composante importante de la démocratie. Elle n’est pour autant démocratique et n’accomplit sa fonction émancipatrice qu’en étant programmatique. L’alternance programmatique du pouvoir consiste en une succession de programmes économiques et de projets sociétaux inclusifs concurrentiels et différents dans le gouvernement de l’Etat. L’alternance formelle, quant à elle, consiste en une succession de personnes et de partis dénués de programmes économiques et sans projets sociétaux inclusifs et différents à la tête de l’Etat. Les alternances constituées par une succession de programmes et de projets sociétaux différents d’exclusion et de ségrégation font partie de cette alternance formelle du pouvoir.

Le premier type d’alternance formelle entretient le statu quo de la domination et de la protection des privilèges des gouvernants et de leurs clientèles dans la société civile et dans le système politique au détriment de la société globale. Le second type d’alternance formel conduit au chaos, à la désagrégation de l’Etat et à la guerre civile.

Il va alors de soi qu’en Afrique nous devons nous défier de l’alternance formelle pour ne retenir que l’alternance programmatique. Ce modèle d’alternance soumet l’État aux intérêts et aux demandes des catégories sociales et professionnelles de la société civile. Il transforme le pouvoir en opérateur de service public.

Certaines élites africaines avides de domination réprouvent cette alternance programmatique. Ils la rejettent et choisissent avec enthousiasme, l’alternance formelle qui fait leur affaire. C’est l’assurance-vie politique de leurs intérêts particuliers.

 Cette alternance formelle est éminemment dangereuse pour les populations.  Elle donne le change en entretenant les apparences démocratiques. Le changement régulier d’équipes de gouvernements différents à la tête de l’Etat au moyen du suffrage universel satisfait au réquisit procédural de légalité. Ce brevet de démocratie, qui légitime a priori les gouvernements aux yeux de la communauté internationale, est un traquenard pour les populations. Il abrite sous la légalité un système établi de prédation et de domination de la société par le Pouvoir.

Tel des convives attendant leur tour à la table d’un banquet garni de victuailles, les partis politiques se succèdent rituellement à la tête de l’État pour se servir et faire ripaille durant leurs mandatures qui s’apparentent ainsi à de longs buffets à volonté dans un restaurant cinq étoiles. Donnant le change dans l’opposition, chacun tour à tour s’adonne aux critiques formelles de convenance qui ne modifient guère les habitus de prédation de son complice aux commandes de l’Etat et ne servent nullement de ce fait à transformer les conditions de vie des populations. Lorsque le rituel de l’alternance formelle s’établit en un pays, le gouvernement et l’opposition se transforment en scène rituelle du théâtre de la domination politico-sociale et de la reproduction décennale du sous-développement.

LA CÔTE D’IVOIRE GOUVERNEE PAR LE RHDP A DÉCIDÉ DE SORTIR DE CETTE ALTERNANCE DE DUPES QUI S’OPÈRE TOUJOURS AU PROFIT DES ÉLITES DIRIGEANTES ET AU DÉTRIMENT DES POPULATIONS. ROMPANT AVEC LA TRADITION AFRICAINE DES DEMOCRATURES CARACTÉRISÉES PAR LES GOUVERNANCES SANS PROGRAMME, LES CONTINUITÉS AUTOCRATIQUES ET LES ALTERNANCES FORMELLES, ELLE CHOISIT L’ALTERNANCE PROGRAMMATIQUE DANS LA CONTINUITÉ DE LA GOUVERNANCE PROGRAMMATIQUE. LA CONTINUITÉ DU PROGRAMME DE MODERNISATION ET DE DÉVELOPPEMENT MIS EN ŒUVRE DEPUIS 2011 PAR LE GOUVERNEMENT RHDP, EST LA CONDITION DE L’ALTERNANCE DU POUVOIR EN SON ÉTAT. ELLE CHOISIT LE MODÈLE DÉMOCRATIQUE D’ALTERNANCE PROGRAMMATIQUE CONTRE LE MODÈLE FORMEL D’ALTERNANCE.

Aux intelligentsias organiques des partis politiques et aux acteurs politiques Ivoiriens et Africains qui réduisent la démocratie à l’alternance formelle du pouvoir, il importe d’assener cette vérité attestée par l’histoire : IL Y A BIEN EN AFRIQUE DES CAS DE PAYS Où L’ALTERNANCE DU POUVOIR EST RESPECTÉE SANS QUE CELA NE TRANSFORME SUBSTANTIELLEMENT ET QUALITATIVEMENT LA VIE DES POPULATIONS. EN DÉPIT DE L’ALTERNANCE DU POUVOIR, LA PRÉCARITÉ DES CONDITIONS DE VIE DU PLUS GRAND NOMBRE DEMEURE INCHANGÉE. LE FOSSE ENTRE RICHES ET PAUVRES EST TOUJOURS AUSSI BÉANT, LES INÉGALITÉS TOUJOURS AUSSI PROFONDES, LES INFRASTRUCTURES ET LES ÉQUIPEMENTS PUBLICS TOUJOURS AUSSI INDIGENTS.

Et pour cause : l’alternance démocratique du pouvoir signifie alternance de programmes et de projets sociétaux inclusifs différents et mise en œuvre concrète de ces programmes pour transformer qualitativement la vie des populations, afin de réaliser sur le long terme l’égalité de condition, objectif ultime de la démocratie pluraliste.

Quand dans un pays  un parti ayant exercé le pouvoir  a eu un bilan absolument négatif sur de l’amélioration du niveau de vie des populations et de l’inclusion sociale, et qu’il ne s’est pas donné la peine de faire son aggiornamento pour essayer de se relégitimer, quand il prétend avoir droit au pouvoir d’État , quand il invoque la Constitution pour revenir au pouvoir, en tenant à nouveau le discours clivant du nationalisme identitaire porteur de ségrégation et d’inégalité, l’on est en droit de penser que l’alternance peut effectivement recouvrir l’anti-démocratie. Ce cas précis démontre effectivement que la démocratie ne se réduit pas à l’alternance. L’ASSURANCE DE LA CONTINUITÉ DU PROGRAMME DE MODERNISATION ET DE DÉVELOPPEMENT MIS EN ŒUVRE DEPUIS 2011 PAR LE GOUVERNEMENT RHDP DOIT, POUR CETTE RAISON, ÊTRE LA CONDITION ABSOLUE DE L’ALTERNANCE DU POUVOIR EN CÔTE D’IVOIRE.

Auteur : Dr Dieth Alexis

Source : Lementor.net

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